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de complaire au comte de Kerladec, heureux de servir son ami par cette rencontre. J’ai quelques raisons de vouloir être agréable à notre parente en paraissant la satisfaire. M. Guichardot me garda pour auditeur bénévole jusqu’au soir.

D’ailleurs les mensonges qu’il me conta ne m’ennuyèrent qu’à demi. Sa verve rude, son intelligente grossièreté, la mimique prodigieusement accorte de sa large figure, sa facilité à me donner l’illusion des personnages décrits, par le geste, la grimace, les tons infiniment variables d’une voix comédienne et habituée au dol, tout cela vivifiait singulièrement les péripéties de ses imaginations.

En fin de compte, il proposa de me soumettre un mémoire dicté par lui, sur le litige, et qui certainement éclairerait ma religion. J’accueillis son offre. Le soir même je reçus le document que voici.