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. ' LE smzrnlvr mom 191 Sans résultat, je l’invitai`a prendre une vue de la flottille de pêche. Se détournant avec fureur, elle - refusa même de me prêter son appareil qu’elle avait en bandoulière. D`en haut, par bonheur, madame Helene me héla : » près d’elle était la sihouette du terrible chien qui nous examinait, la langue pendante, et les oreilles dressées par l’attention. Gilberte cessa de pleurer, de frémir. Alors il fallut regagner la corniche. Nous escaladâmes assez preste- ment les énormes caillous aux franges visqueuses, les éboulis des roches sèches, puis l’avalanche figée des blocs. Je gravissais d’abord. J’attirais ensuite l’enfant par ses deux mains, lluettes et moites. Malgré quelques écorchures a ses genoux nus, elle finit par se divertir des difficultés. Nous nous trou- vàmes, un instant, perchés sur une étroite motte de terre. Grain à, grain, le vent l'avait sans doute fixée, parmi les herbes, dans l’interstice de deux blocs lisses, l’un qui plongeait dans la mer, l’autre élevé de trois mètres environ par delà ma main tendue. Au centre de cette motte, large comme une selle de cheval, un pécheur avait planté deux chevilles à quoi se pouvaient retenir momentanémentnos pieds. _ Soudain je m’aperçus de notre fâcheuse position. Mal retenus au milieu d’une muraille granitique qui tombait à pic dans les eaux, nous ne découvrions, au—dessus de nous, nulle aspérité ou s’agrifTer pour atteindre le faîte. Retourner nous était impossi- ble. J`avais pu faire grimper l’enfant sur une pente roide et polie, mais la faire redescendre me sembla tres dangereux : le vertige aurait pu s’emparer de cette fillette malade, qu’inquiétait déjà trop ma re-