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u ms siznrizm Nom it;3 seul y dominais, en tin de compte; que la vie des Goulven, le destin d’Anne-Marie, et sa propre pudeur, ai elle, madame Hélène La Revellière, que tout cela ‘ dépendait de mon caprice... Si l'on peut dire caprice; car notre fantaisie la plus apparemment délurée ne fait que choisir entre les quatre ou cinq lois inéluc- tables auxquelles il nous demeure loisible de nous asservir, sous le commandement de notre caractere, de notre atavisme et de la fatalité! Néanmoins les sentiments de madame Helene se traduisirent par cette phrase : - — Vous n’etes pas heureux, parce que ce n’est pas le bonheur que_d’être haï... · Elle me haïssait donc. Je ripostai que, s’il est un bonheur, il réside dans le sens du triomphe. — Ohl — conclut—elle —- pour être heureux, il faut se sentir aimé l... Je lui décochai promptement : — Est—ce pour cela que vous êtes heureuse ? e — Ai—je dit que j’étais heureuse? . Je soutins qu’elle me semblait, ai tout instant, pres de crier sa joie secrète. Malgré son astuce, elle vint a rougir. Vivement j’ajoutai : ' — Goulven ne vous regardepas ; ilvous contemple !.. — Il contemple aussi le vide, le ciel, ce fauteuil, cette bibliothèque., Il a l’œil du marin habitué à l’exploration des espaces. ‘ Puis elle s’embarrassa dans un discours sur les particularités de l’optique marine. J’estimai suffisante mon expérience, et ne la poussai guère plus avant. Le nom du docteur troublait la jeune femme. Sûre de n’avoir plus à me craindre comme rival de Goulven elle ne rejetait mes insinuations'qu’à, demi.