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~ ` LE sunrnur Nom 175 indispensable pour surmonter son indolence morale. La preuve faite, peu m’importait cette rustaude passive et affublée? 'Iloutefois il était interessant de convaincre une jeune Bretonne de mes raisons. J’y songeai durantses récriminations véhémentes. Dans un verbiage de feuilleton, elle me reprocha d’avoir vilainement profité de son innocence, d’avoir perdu sa vie, que sais—je encore?...

— Anne-Marie vous êtes inique, ma chère!... En vous aimant, je vous lis un grand plaisir, — m’ecriai-je. - Avouez-le, dites la vérité!... Vous n’osiez pas me demander, par la parole, ce que sollicitaient les malices de vos regards. Si vous fîtes mine de résister, ce fut pour rendre plus piquante votre défaite !

— Vous avez agi avec moi comme une brute... une· brute! Mais oui!... Laissez-moi!

Les bandelettes empesées et reeercelées de sa q coiffe, son diadème de soie rose, tout branlait avec les mouvements de sa jeune face pleurnicheuse... Elle menaça de se plaindre au docteur, de me dénoncer.

Je me renversai dans mon fauteuil, j’aflectai de sourire charitablement. Mon aisance et ma quiétude la surprirent. Elle arrêta net son réquisitoire.

— Ma petite chérie, lui dis-je, — vous n’en ferez rien. Et pourquoi? Parce que l’on vous demanderait quels motifs vous empêcherent de vous dérober ou d’appeler à l’aide, lors de mes entreprises... Parce que le docteur et Mm Goulven, la cuisinière, vos amies, vos connaissances, vos parents eux-memes . apprendraient la chose... Cela detruirait votre répu- . tation sans me punir beaucoup. Que peut le docteur contre moi? Rien qu’un sermon, et j’ai de quoi