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l’aube, pour me réjouir avec l'ardente curiosité de l’adolescence. Dans le jour, elle dissimulait maladroitement les signes de notre furtive intelligence, tant elle était avide de mes attentions, prix de ses œillades téméraires. Madame Hélène ne tarda point a remarquer le manège. Des lors elle se dispensa de craindre ma poursuite, et nous adoptâmes des façons très franches d’être amis.

Ce que les gens lâches ou timides nomment ma « brutalité » continua de la distraire. Aux promenades, nous causions familièrement de nos hôtes et de leur sort. J’attendais de la Compagnie métropolitaine une réponse à mon deuxieme rapport touchant l`invention. J’y avais décrit la cure d’Anne-Marie; et je m’étais abstenu de mentionner les fâcheuses dispositions des professionnels pour leur émule. Ne croyez pas que ce fut la un effet de sotte compassion. Durant mes séances au laboratoire j’avais acquis la foi que justifient maintenant les succès du docteur O. Quelques- uns me reprochent de ne pas avoir renseigné la Compagnie. Mes rapports sont aux archives. Libre a tous de les consulter. Naturellement, il me fallut la prévenir que l'échéance des applications pratiques n’était pas immédiate. Pouvais-je agir autrement? Fut-ce ma faute si la Commission des comptes s’empara de ce prétexte pour refuser officieusement, a l’avance, de sanctionner les « largesses » du Conseil d’administration ? A plusieurs reprises, j’asSurai madame Hélène que l’affaire était bonne. Elle me sut gré de cette déclaration. N'ignorant point mes principes de véracité, elle encouragea les espoirs de sa cousine; et nous supputions les chances.

Ayant échoué par les moyens de vice qui donnent