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170 LE SERPENT Nom . avances, je doutais tout a coup de moi, de mes talents, de mon avenir. L’homme est ainsi fait: un petit ' déboire le navre autant que la pire aventure, et l’in- cite il méconnaître les plus réelles de ses facultés., du moins pendant une seconde. 4 i Je me dois certainement d’avouer que·cette dépres- sion dura peu. Les raisons d’tlélène, après tout, ne me semblèrent pas si fausses. Quelques filles deluxe, probablement, fourniraient ce que je réclamais de sa camaraderie. Mais fallait—il renoncer a l’avantage d`être cité dans les propos du monde politique comme l’in- time de la belle M'" La Revellière-Lepeaux? Fallait-il · renoncer a l’avantage d’attirer ainsi Pattention sur moi, sur mes affaires? Fallait-il abdiquer cette pre- tention? Cela me coûtait. ` J’ai pour règle de ne pas m’obstiner dans les tenta- tives trop difficiles. On y perd le temps le plus pré- i cieux. Vous risquez un insucces capable de vous diminuer devant l’opinion : elle ne se préoccupe pas de savoir si le but est inaccessible; elle constate la chute afin de se gausser de vous, et de faire baisser le , cours de votre notoriété. Aupom de mes principes je résolus de ne pas fatiguer madame Hélène par des récidives aussi vaines qu’absurdes. Puisqu’ellc me proposait le refuge de son amitié, il semblait adroit·de m`y établir, puis de transformer, dans la suite, cet honnête asile en un palais de joie, s’il se présentait une de ces occasions propres à faire céder le rigo- risme d’une femme aimable: forage qui surexcite, les rires d’une conversation scabreuse qui persuadent tout à coup. .l’attendrais patiemment le hasard de ‘ l’orage, ou tout autre. . ·