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162 · LE ssiwnmr Nom brides ballantes. Ces dames se rendirent a vêpres. Le _ docteur nfecouta diffamer quelques couples pari- siens, puis il détourna la conversation sur les ana- lyses qu’il avait faites du sang. ‘ —— Souvent, —— dit—il, — quand je relis mes notes, je 1n’imagine accomplir un travail historique, et non _ pas une œuvre pathologique. La guerre entre les leu— · «cocytes etles bacilles envahisseurs, se déroule comme une véritable calamité humaine. Autour du foie, ré- gion stratégique principale, des combinaisons géniales sont tentées par les états-majors des deux nations. Leurs brigades ardentes et tumultueuses se font char- rier par les cours de sang. Elles occupent les veines, défendent l’accès des artères, se ravitaillent par les capillaires, s’agitent dans la lymphe, assiègent les cen- · tres nerveux. Je prodigue les munitions ames leu- cocytes par des convois de quinine, d'antipyrine et de pyramidon, qui leur arrivent en` suivant le tube di- gestif. Si, trop las, ils s’engourdissent, je stimule leur énergie par une légère addition de strychnine...

  1. Alors mes défenseurs reprennent courage. La bataille

recommence. On l’emporte sur les intrus, qui vont se tapir dans les recoins, jusqu’a la prochaine expan- sion de leur vigueur... Pour moins pâtir de ces attaques, il faudrait se montrer d’abord hospitalier et, si j’ose dire, cosmopolite au point d’appeler chez soi Fetranger, l’accueillir dans le domaine organique, lui donner des terres, un foyer, le nourrir, le combler de biens, le faire citoyen en notre chair. Alors il dépouillerait son appareil hostile, il deviendrait un brave colon de nos tissus. Reconnaissant, il défen- drait sa nouvelle patrie, au lieu de la saccager... Mais, ponrcela, il importe que j’introduise dans mon corps