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LE sauveur Nom _ 15*1 flâneurs logés entre l’Étoile et le Bois de Boulogne. Enfin elle plaignit gentiment sa cousine, dont elle respectait le courage, la vertu sévère, la piété sans hypocrisie, les calculs d’économie domestique. Un sort ingrat payait mal tant de sacrifices au devoir. Très' affectueusement, et sous la forme la plus dis- crète, elle tit allusion à cette vie difficile, m’expliqua .' certains détails d’un mariage trop noble. Jean Goulven avait épousé sa cousine Yvonne Larvor parce qu’elle (s’était trouvée brusquement, orpheline, sans appui, sans autre fortune que ce petit domaine de Keryannic, la maison de grès à terrasses, les dix hectares de landes, un troupeau de moutons noirs, un de juments _ blondes et de poulains élevés dans le vent des falaises, qui tous avaient été vendus a la remonte de cava— ‘ lerie. Madame Hélène laissait entendre que les hypo- thèques grevaient le revenu, qu’elle payait pension comme moi durant cette villégiature, et que cela était indispensable aux Goulven. Cette commisération bienveillante dissimulait au mieux les autres sen- timents de la belle dame. Je souris du manège. Lorsqu’elle crut avoir sufüsammeut dépisté mes soupçons, elle bâilla, s’excusa d`être reconquise par le sommeil, et s’en fut. Malgré cette retraite, qui donnait peu de prise a la malignité, tant Yartitice en était bien choisi, je per-» - sistai dans mes suppositions. Toutefois j'exige des événements, pour en tirer une certitude, cette sorte de' preuves matérielles sans quoi nous ne pouvons exactement condamner. . Loin de cesser mon flirt auprès de la jolie veuve je résolus, au contraire, de mettre en usage quelques