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` LE sauveur Nom M7 pas, à l'ordinaire, moins dorée, ni ses yeux moins fiévreux dans les cavités de leurs orbites. Sa taille mince, son échine nerveuse se cambraient dans ce même costume décoloré, gonflé aux genoux et aux · coudes, fripé aux manches, relevé du col sur une che- mise de laine bleue. Le docteur avait, aux pieds, les mêmes chaussures de toile bise. Sur les cheveux noirs, épais et plats, la même casquette d’ordonnancc, aux galons dédorés par l’atmospherc marine, ne rehaussait guère le reste de la tenue. Ce n’était pas p l~'équipage d’un galant. Quant aux propos de ma voi- ' sine et de notre hôte, ils ne fournirent pas d’indices. Inutilement j’analyse» mes apprehensions d’alors ~ pour démêler les motifs qui me décidèrent au soup- ' çon. Quoique les événements l’aient bientôt justifie, je m’assure encore que seul mfavertit l’aspect insigne de ce couple en sympathie, dans un moment magni- fique. Une semaine de vacances déja s’était écoulée sur cette plage. Je mangeais à la table commune. Je_ suivais madame Hélène et notre hôte dans leurs e`x- r cursions. Ils m’accompagnaient dans les miennes. Je participais à toutes leurs causeries, car ils n’en avaient pas, que je susse nique je sache, de secrètes ni d’intimes. Leurs paroles étaient choisies, cordiales,_ comme il seyait a deux intelligences, éclairées, l’une par la pratique de la science, l‘autre parle goût des arts, a deux amis qui s’appréciaient de longue date et qu’une alliance avait même apparentés, dix ans plus tot. Je voyais, de plus en plus clairement, qu’ils sc _ complaisaient a Pexamen de leurs convictions mo- ’ raies; mais sans pouvoir discerner si Paccroissement - de leur esprit était le but de ces entretiens chaleu- ` reux, ou bien si tous deux souhaitaient, en se révé-