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IV Dans la nuit qui finissait, plusieurs voix se répon- _ dirent entre les bruits de la mer ruisselante. Par les ruelles sablonneuses de Sauzon, les groupes des pêcheurs degringolaient vite, gagnaient leurs barques. Les sabots claquerent sur les dalles du quai. De mon lit, j’enten`dais les joies et les querelles. Une corde cria dans sa poulie : on hissait les vergues. Sur les bor- dages, grincèrent atrccement les chaînes des ancres. Il fallut renoncer au sommeil. Ce fut un démenti à ma volonté, qui me déplut. Je n’aime pas que ma journée commence par un échec. Que faire?Des rires, des appels animaient l’air dont la fraîcheur péné- trait la fenêtre b,éa.nte de ma chambre. J’aurais du fermer, la veille, mes persiennes, et abdiquer ainsi mon plaisir de respirer l’0céan, au cours de mes scngse. Mais abdiquer nfindigne. Je n’avais pas voulu céderà mes craintes du tumulte. Et il me fallait main- tenant tout subir. _ Dans le phare trapu, le fanal écarlate s’éteignit. Les astres nocturnes s’éclipsaient aussi parmi les pâleurs