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LE SERPENT Nom 137 teurs; ils inscrivaient les noms de ceux qui n’avaient pas répondu à leur appel. —— Mais nous n’avons plus,les moyens! — assura n ·M'“° Goulven. · Je l’interrompis d’un petit geste, et persévérai. Douze lettres émanaient de médecins et de pharma- ciens de province: ils protestaient en termes aigres contre l’insolence du docteur, qui n’avait pas satisfait a leurs demandes d’éclaircissements complémentaires sur l'électro·magnétisme du` sang. Autant d’enuemis. Mm Goulven jura que la poste lui coûtait cinquante francs, chaque mois. Elle ne pouvait, sur ce chapitre du budget, accroître la dépense. t — Décidément, — ricana· sa cousine, en science, c’est comme en politique. Le docteur commence à être célèbre : il faut qu’il paie la fanfare! — La pauvreté est le vice qu’cn excuse le moins, -— énonçai-je sentencieusement. —— Parmi les gens d`affaires, oui; mais parmi les gens dïntelligeuce? — Si vous voulez, la richesse est la vertu qu’ils prisent le plus! — C’est faux, c’est faux! ——— s‘écria M°*= Goulven. ·-— Est-ce que Jean n’a pas donné publiquement son avis sur les travaux de Robertson, malgréla renommée ‘ de ce charlatan millionnaire?... ——- Autre gaffe! Tous ceux à qui Robertson prète de ` Yargent, tous ceux qui rencontrentà sa table des person- nages utiles, tous ceux qui flirteut avec sa trop jolie ` femme, seront les ennemis naturels de votre mari. — On ne lui saura donc aucun gré de dire coura- geusement la vérité, même aux puissants?... Vous me faites rire, monsieur! p > R. .