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\ ., , s 130 ` LÉ SERPENT Nom ' En —cherchant mon étui à cigares dans la poche de mon veston, je ramenai le paquet de lettres hos- tiles qué j’avais eu soin de descendre. Madame Hélène plaisanta l’epaisseur de ces documents. Du tout je me contentai d’extraire deux missives signées Per- · drot, notre ancien camarade, et d’en lire certains pas- sages à 1\["*° Goulven, pour exemple de la perüdie com- `mune. La premiére lettre était datée`du l6 avril 1901, avant que l’Académie de médecine eût accueilli la ‘ notice. Elle contenait ceci : « Quant a_Goulven, c’est 4 vraiment quelqu’un. Le panier de provisions est léger a son bras, je veux dire que son érudition— ne l’embarrasse pas, qu’elle ne le détourne pas dela voie directe, qu’il emploie aisément toutes ses con- ·naissances dans le dessein unique et precis de vérifier son électro—magnétisme, Cela le designe comme un cerveau parfaitement aménagé par un labeur scrupu- leux, etc... » La deuxieme était datée du ‘20juin 1904, aprés la décision honoriüque de l’Académie : « Et Goulven!... Quel silence ass0m·dissant.'... Il n’est ques—· tion que de lui, mais il ne produit rien, rien, rien!... Quand accouchera-t-il, ce bel· esprit en gésine‘?... Dans ses communications a la Faculté, il loge toutes, · ses lectures mal digérées. Ce nlest pas du Goulven, c’est du Tout le Monde, depuis Hippocrate jusqu'à KOCh... » I ` ` — Mais n’est-il pas nécessaire que je cite des auto- rités à l’appui de mes raisonnements?". Sans cela, Perdrot me reprocherait de construire en l’air des= a postulats! Goulven, cette fois,. s’irritait un peu contre des phrases déterminées, contre un nom et un person-