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LE sisnreur Nom 127 Cependant Madame Hélene, ayant pris une chaise, la traînavers moi, s’assit, me tit rasseoir. Ensuite,face à face,. elle me somma, dans une extraordinaire surexcitation, de lui démontrer comment « toutes ces ,infamies » pouvaient nuire au succès du docteur. Elle posait la question pratique. _ Qu'elle fût plus acharnée que sa cousine, cela m’abasourdit. Toutes deux me parurent à demi folles, tant elles s’exaltaient, .contrairement à leurs habi- tudes d’élégance, d’éducation et ·de_piété. Si cette attitude se justifiait encore chez l’épouse par une hypertrophie du sentiment conjugal, la parente était moins autorisée, parla logique naturelle,ase départir d’un calme hienséant. Dès cette heure, je supposai qu’elle aimait beaucoup sa cousine Yvonne, qu’elle voulait éperdument lui épargner la déception, donc me convaincre de subventionner les travaux du mari. · , J'eus de la peine à dissimuler ma surprise. Néanmoins, j’expliquai que les adversaires de notre ami se coaliseraient, sans aucun doute, pour détruire, par leurs critiques, les effets de toute publicité, fût- elle considérable._ Dans ces conditions, il était a craindre que la Compagnie Métropolitaine des Pro- duits pharmaceutiques refusât le concours de ses capitaux. — Mais personne n’ignore, ——- s’écria brutalement madame Hélène, - que jamais des valets n'ont jeté bas l’œuvre de leur maitre! t Elle se dressa, repoussa la chaise et se démena É prodigieusement. Le docteur la remerciait d’un_geste humble, en baissant les épaules, Il s’étonnait lui- même, autant que je pus croire, de cette turbulente