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LE sauveur Nom \ 124. La bourasque ébranla les fenêtres. D’un corridor voi- sin, le Noroît sfengouffrait dans la maison. Une porte _ claqua rudement là—haut. Nous nous tûmes. Je tendis ma tasse pour une seconde libation de thé. Je pinçai deux morceaux de sucre. Madame Hélène se leva, fut à la vitre, et revint pour s’indigner, les mains vives : _ — Dire qu’il s’en faut d’un peu d’argent, de cet argent que tant d’imbéciles prodiguent à des book- makers et à des filles! ` _ -ç- Il ne s`en faut que de cela pour sauver tant de vies humaines... Ah! c’est comique! —~ ricana M"" Goulven. , — Oh! oui, c'est comique! -— renehérit sa belle parente. L’accent damertume sincère et violent me surprit, plus sincère peut-être, plus violent a coup sûr que l’accent de l’épouse elle—même. Et, comme je les regardais avec une stupéfaction curieuse, la jeune veuve s’avança vers moi : —— Enfin, monsieîir, expliquez-nous donc pourquoi une Société comme la votre ne s`intéresserait pas aux travaux du docteur? —- Mais, — répondisçje prudemment,afîn de ne pas lui déplaire, — on y a pensé... ' -— Ah! monsieur, comme je vous remercierais! Les deux époux s'échauffaient déjà. Je jugeai bon de faire intervenir la douche : A —· — Ne me remerciez pas : il n’y a rien de fait... —— Bien entendu! — conceda Madame Hélène, sur le ton d'une personne qui sait comment on feint de tergiverser, avant de conclure une affaire cer- laine. Je souris de son optimisme. Elle pensa que c’était