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LE sznriwr Nom A 109 _ Et il chanta tout haut, avec les sardinieres : Pleurez, pleurez, la belle, Les poissons l`ont mangé!... Tandis que, de ses souliers, il frappait le sol selon lacadenoedictée par le bruit des sabots claquants, M'" Goulven, de méme, fredonna le refrain, remua ses bottines. Vraiment ils résistaient mal ai leur lubie. Si Gilberte n’eût été trop écœurée par l'odeur de la sardinerie, si elle ne se fût plainte jusqu’à ce que l'emmenât sa grandïnere, je ne doute pas que ces deux Bretons ne se fussent livrés à l’obscure puis- sance. Le theme du choral leur conseillait trop de _ chanter la résignation de leurs vies brèves et pénibles; en se raillant un peu. _ ` Par delà le détroit, sur le continent, les phares clignaient leurs yeux de feu, leurs yeux d'or et leurs yeux de rubis pour voir les sardinières danser au fontl’ de l`anse rocheuse, selon le mouvement des eaux qui sautaient enfusées blanches dans les creux de ln falaise ruisselante. , 1