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102 LE sEm>ENr Nom dans la masurequi lui servait de laboratoire. M"‘° Goul- ven me supportait dans l’espoir de la commandite. Elle me jugea fort mal appris, mais capable d’étre amélioré, peut-être converti. J’eus beaucoup de ses conüdences. Ou plutôt, de ses propos naïfs, je pus déduire l’indispensable. Dix ans, le ménage avait, fraction par fraction, grignoté les quelque cent mille francs du patrimoine. TLa solde du médecin avait été trop minime pour satisfaire aux dépenses des nombreux voyages qui avaient rapproché les ` époux amoureux. Ensuite les expériences de chimie organique avaient absorbé l'argent d'emprunts hypo- thécaires garantis par les immeubles du bien dotal. ` Les Goulven se débattaient. L’ancien aspect d’ai— sance persistait cependant. Mais n’im·porte qui eût pu, moyennant peu de débours, acquérir la propriété du sérum en incubation, à Keryannic, dans les veines des cobayes et des lapins. Malgré le mauvais vouloir, malgré l’économie maladroite de la Commission des comptes, et si modiques que fussent nos ressources prévues par un budget avare, je calculai que l'affaire se · pourrait conclure. Grâce à l’influence déjà prise dans la maison, j`avais lieu de croire que mes avis seraient _accueillis par un savant aux abois, dénué d’esprit I pratique, et follement désireux de pousser à leur iin ses travaux. La place m’appartenait. La Compagnie générale des Produits pharmaceu- tiques aura donc à tenir compte de ces premières dis- ~ positions, lorsqu’elle jugera délinitivement mon ini- ` tiative et mes procédés. ` Veuillez noter que la Commission des comptes elle—même, en me renvoyant ai Belle-Isle mon pre- mier rapport sur la valeur probable du sérum