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regret, M. Guichardot déclara qu’il ne pouvait, sur ce point, aborder les détails. Certaines personnes honorables et de noms connus, se trouvaient, dit-il, mêlées aux délicates péripéties de cet essai d’arrangement. Toutefois, il désirait, pour sa propre justification, confier à plusieurs des membres présents le récit de ses efforts. Ces délégués, ensuite, assumeraient, ou non, la responsabilité d’instruire le Conseil. L’agent général demandait que trois commissaires fussent désignés pour l’entendre confidentiellement. La Compagnie s’en remettrait, si elle le voulait bien, au jugement de cette commission et de son rapporteur. Le Conseil apprécierait alors s’il convenait de reprendre l’affaire du sérum Goulven, ou de l’abandonner définitivement. M.Guichardot s’excusa de s’en tenir à ces propos vagues; mais la vie privée de plusieurs personnes était en cause, ainsi que des sentiments très intimes, et, par cela même, très respectables.

Cette réserve de l’agent général fut admise par la majorité du Conseil. Cependant quelques membres ne laissèrent pas de manifester leur inquiétude. On se murmura que ce M. Guichardot n’était pas, d’ordinaire, l’exemple des gens à scrupules, qu’il y avait probablement une anguille sous roche ; – et quelle anguille ?… – Interrogé directement par un vieillard sec, chauve, encadré de favoris blancs, muni d’une dialectique assez roide, l’agent général insinua qu’il s’agissait d’un cas passionnel. L’interpellateur esquissa une grimace, regarda son voisin de droite, son voisin de gauche, également adipeux, muets, solennels, et de moues hésitantes. Comme je paraissais plus curieux d’apprendre ce dont il prétendait nous instruire, le vieillard se pencha de mon côté. Poliment, le monsieur qui nous