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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/44

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PARTENZA…

braver les souffles, glacés par instant, qui racontent leur passage sur les Alpes neigeuses où l’hiver bat son plein ; c’est aussi le besoin de ne distraire aucun regard de ce merveilleux panorama tendu de la côte ensoleillée à l’infini de cette Méditerranée souveraine et belle, des échancrures fines des baies, aux pointes hardies des caps ivres de soleil, mais non rassasiés, qui s’avancent toujours plus avant dans le sud pour l’aller chercher vivifiant et réjoui. Tout en bas, comme un cailloutis blanc, comme une grève de petits cubes éclatants, les maisonnettes et les villas dégringolent du flanc des montagnes et se répandent sur les bords de la mer. Le rocher de Monaco perdant tout relief s’affaisse sur lui-même ; il ne reste rien de la hardiesse de ses remparts ; le monstre est au repos, et les vagues agressives se détournent de lui stupéfaites de n’avoir pu mordre son granit.


La Condamine, banale entre Monte-Carlo où nous redescendons et Monaco vers qui nous allons, sur une belle route sinueuse le long des rochers. Quel charme à mesure que s’approchent les jardins, que se découvrent les rues claires, nettes, élégantes, coupées de menus carrefours où ne passe personne ! Personne non plus sur les remparts bien moyennageux, vrais, tels que l’imagination les évoque aux siècles écoulés, sans replâtrages maniérés et faux ; personne devant la cathédrale dont la blancheur un peu neuve est atténuée par le rose plaqué d’or que lui envoie le soleil couchant. Dans une ruelle qui doucement s’achemine