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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/34

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III

Mardi, 22 décembre.

Promenade au mont Chevalier par une jolie matinée ensoleillée, tiède et chaude, même, aux approches de midi. Cannes, la vieille petite ville, est ravissante avec ses ruelles en escalier, grimpant dans le plus pittoresque et le plus inattendu désordre vers l’église antique, souriante comme une aïeule devant les jeunes beautés de la ville neuve, et contente, la chère aimée, de présider à l’éclosion de splendeurs nouvelles dans ce cadre grandiose : les montagnes couvertes du feuillage pâle des oliviers dont les racines vénérables se tordent sur l’argile rose ; la mer, synthèse de toutes les couleurs lumineuses, de toutes les chansons, depuis le murmure des vaguelettes timides jusqu’au crescendo horrifiant de la tempête, ce Dies iræ que soulèvent les âmes des marins de tous les siècles amoncelés.

En bas, non loin du port minuscule, le marché aux fleurs. Sous les toiles écrues auxquelles le soleil fait une transparence ambrée, c’est une folie, un carnaval de petites choses fraîches, une cohue gracieuse de do-