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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/31

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II

Lundi, 21 décembre.

Comme hier, même temps maussade. Ce vent qui traîne à sa remorque les vilaines loques grises et sales des nuages et bouleverse tout le ciel ; cette bruine, poussière d’eau pénétrante qui tend un voile glacé entre nous et la mer où dansent comme chaque jour, invariablement, les gros bateaux aux coques noires et les barques légères dans le clapotis d’eau couleur d’encre ; toutes ces choses humides, navrées et transies mettent autour de mes yeux et de mon âme une ambiance, une désolation de ville septentrionale, de petite ville des Flandres, froide et vieillotte ; froide avec des canaux qui dorment entre des quais toujours mouillés, entre des maisons irrémédiablement grises et monotones ; je n’ai pas dit silencieuses, car Marseille a vraiment la gaieté chevillée au corps, et, sous la pluie, reste joviale et bon enfant. Mais si c’est là le soleil et l’azur que nous venions chercher !

En route ! Nous abandonnons le Nord ; c’est de Marseille que je veux parler, dussent ne me le point