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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/245

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PARTENZA…

aussi tendres, et il a réalisé dans ce tondo des Uffizi, autant que dans celui de notre grand Musée, le type de l’être humain en qui la chair splendide n’est plus qu’un accessoire. Les cinq anges entourant la Vierge (il y en a quatre seulement au Louvre) touchent à cette légèreté inouïe, à cette immatérialité en laquelle réside encore la splendeur — je ne connais pas d’autre mot et je suis contraint de le répéter — la splendeur charnelle dégagée de toute concupiscence, tellement leurs gestes sont exquis ; mais le doux visage de la Mère de Dieu les surpasse tous en pureté ; il atteint jusqu’au sublime l’expression d’amour infini pour son Fils et d’immense adoration pour l’Enfant divin couché dans son giron ; les mains sont au-dessus de toute expression et sont surpassées encore en délicatesse par la main de l’ange contenant en même temps l’écritoire qu’il maintient et le livre grand ouvert où les doigts fuselés de la Vierge chantent, plutôt qu’ils ne l’écrivent, le Magnificat. Les Vénus de la Tribune sont de pauvres choses comparées à la beauté surnaturelle qui s’exhale de ce tableau. Dans les uns, c’est un étalage indécent de matrones effrontées ; dans l’autre, c’est l’apothéose de la femme avec tout l’éclat, toute la grâce qu’un front pétri de notre chair mortelle est capable de supporter.


Et parmi ces bronzes où la Renaissance païenne entreprit de ressusciter — et fut un moment sur le point d’y parvenir — les chefs-d’œuvre de l’antiquité, je veux m’arrêter un instant devant le David de Verrocchio.