Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/225

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XV

À ma mère.
Dimanche, 3 janvier.

Voici la dernière étape de notre voyage, j’allais écrire la dernière station de notre pèlerinage. Que va-t-elle être, cette Florence traversée hier soir dans un dédale de rues dont, par endroits, les réverbères heurtaient violemment l’énigmatique obscurité ? Ce matin le jour pâle s’imprègne d’un ton vieux rose en caressant les tuiles des toitures que j’aperçois face à notre hôtel, à travers la fenêtre aux grands rideaux blancs ?

De toute Florence monte vers moi un murmure de clochers, un bruit de carillons qui, lentement, gravement, promènent dans le ciel très pur leurs clameurs dominicales. Et je suis ravi que le hasard — et l’hôtelier — m’aient donné cette chambre haute d’où je domine les faîtes des maisons. Je n’ai pas eu le loisir de compter les étages et je n’en veux ni à l’hôtelier, ni au hasard, de m’avoir fait grimper ici, je leur dois une des joies que j’aime et recherche, bien que l’aveu en puisse être assez puéril : l’amour des toits.

13