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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/221

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PARTENZA…

tombeau, et aux deux côtés deux anges dont, en vérité, il m’est impossible de décrire la beauté. Vis-à-vis est un banc de bois sur lequel en 1817, et en 1828, j’ai passé les heures les plus douces de mon séjour à Rome. — C’est surtout à l’approche de la nuit que la beauté de ces anges paraît céleste. — En arrivant à Rome, c’est auprès du tombeau des Stuarts qu’il faut venir essayer si l’on tient du hasard un cœur fait pour sentir la sculpture. La beauté tendre et naïve de ces jeunes habitants du ciel apparaît au voyageur longtemps avant qu’il puisse comprendre celle de l’Apollon du Belvédère et la sublimité des marbres d’Elgin. »

Je ne sais si l’auteur de Rouge et Noir a fait école, mais pour ma part j’ai tenu, assis sur le même banc de bois où s’écoulèrent ses heures de rêverie, à venir dans le silence doré du matin pour jouir aussi de la fragile délicatesse des jeunes hommes de marbre blanc. J’ignore l’effet que produisent sur eux les clartés agonisantes et mélancoliques du crépuscule, quand le soleil sanglant inonde la gloire de bronze de la Chaire Apostolique ; mais j’ai vu que les fraîches lueurs matutinales osent à peine s’approcher de leur nudité et que, triomphantes partout ailleurs dans la basilique, elles passent auprès d’eux roses et craintives comme des amoureuses ; leurs impalpables poussières se dissolvent et font, à distance, à leurs amants si jolis, une enveloppante auréole de lumières sous les irradiations des vitraux…

Hélas ! Tartufe a passé là ; je ne veux pas dire le clergé à l’esprit éclairé et libéral qui permit à Canova