Ouvrir le menu principal

Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/210

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
202
PARTENZA…

battre de ses ailes blanches contre les rayonnements d’un ostensoir large comme le soleil à son zénith, et vacillant entre les mains affaiblies d’un cardinal de pourpre et d’or devant qui tous les fronts silencieux dans le silence troué de clochettes tintinnabulantes s’inclinèrent doucement…

Quand je me relevai, le vide immense s’était fait autour de moi ; les cierges étaient éteints ; les triangles d’or et de gemmes avaient disparu avec les chapes et les dalmatiques ; il ne restait des fumées bleues qu’un intense parfum toujours endormi dans le sanctuaire ; les enfants de chœur avaient fui, et, dans la nuit fraîche, derrière les vitraux, le ciel étoilé avait recueilli leurs grands yeux… Je n’avais pas vingt ans, — jamais les années ne recouvriront la splendeur de ce souvenir !…


Dans la basilique, une porte de bronze lourdement se replie et découvre le cloître. Ah ! l’enchantement ! — Encore ce ne sont pas les floraisons d’avril où déjà, à Rome, naissent les roses, se cisèlent les aubépines, se modèlent les camélias, où les pivoines orgueilleuses s’éploient ; non ; des feuillages roux seuls aujourd’hui parent d’automne le jardin qu’enserrent les frôles colonnettes. L’hiver — s’il est un hiver ici, dans la tiédeur des architectures incrustées de pierreries — semble reculer ses frigides nudités. Les colonnettes accouplées se frôlent, et le soleil qui mire en les joailleries de leurs torsades ses rayons argentés, réchauffe leurs caresses élégantes.