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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/203

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PARTENZA…

vers le menton termine un profil impeccable ; quelle intense harmonie de formes et de lignes ! c’est l’énergique et presque musicale beauté des chairs lumineuses et veloutées.

Éphèbes entièrement nus ou drapés, avec quel art ! dans la blancheur de vêtements antiques soulevés par de jeunes bras aux gestes d’une grâce absolue, chaussés de sandales de cuir ou de cnémides qui soulignent la perfection des jambes, couronnés de feuillages, ou bien les boucles noires des cheveux simplement contenues dans un bandeau de laine blanche, ce sont les types merveilleux d’une race extrêmement élégante, et j’écrirais volontiers divine, tellement, dans tous les purs reliefs de leur corps, s’épanouit l’inépuisable splendeur des marbres grecs. Les jolies épaules des adolescents, dont la superbe nudité tout entière sourit au grand soleil napolitain ! Des sèves glorieuses de jeunesse, chez les uns charrient — des pieds délicats aux poitrines tendues, des hanches assouplies aux nuques annelées de soieries brunes — des tiédeurs visibles de vie palpable sous les ondoiements des membres fatigués. Une lassitude câline étire paresseusement chez les autres des langueurs énervées de jeunes chats ; elle gonfle les membres de pleine et robuste santé, elle joue à fleur de peau, cambre la chair, élève jusqu’aux magnificences immortelles des divinités païennes la virilité plaisante des jeunes hommes.

Ils sont tous ainsi, d’ailleurs, en Sicile, à Naples, ici même. Les rues sont pleines de ces jolis gamins dont