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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/162

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PARTENZA…

dont l’histoire a recueilli les noms, c’est l’un d’eux ou leur frère. La pâleur de son marbre, l’hallucinante rigidité de son masque, disent-elles la blancheur de l’esclave grec, la ténébreuse science de l’esclave égyptien, l’épiderme duveté d’or et la souplesse des esclaves asiatiques ou le raffinement spirituel et railleur, la monstrueuse perversité, la dépravation joyeuse, la langueur suggestive du jeune Romain ? Qui sait !… J’ai dit que les riches et les puissants d’alors payaient au prix d’une fortune la beauté d’un esclave, la perfection de son corps, de ses lèvres, de ses yeux, surtout de sa chevelure ; les statuaires s’appliquaient ensuite à reproduire leurs images charmantes ; et c’est ce qui nous reste de cette fantaisie prodigue de trésors offerts pour un garçon de seize ans élu entre dix mille… Alors, il fallait aux dieux aussi la sélection radieuse d’une jeunesse éperdument belle ; Jupiter Adolescent et Bacchus Imberbe possédaient des prêtres choisis parmi les plus beaux fils des patriciens. Rome marchait sur les traces de la Grèce, et la Grèce rendait à la beauté physique d’incroyables hommages.

La capitale de l’Élide, Élis, chaque année, réunissait dans un concours les plus beaux parmi les jeunes hommes que contenaient ses gymnases. Les formes parfaites, la distinction et la grâce étaient les conditions indispensables exigées des candidats ; ceux-ci désignaient celui d’entre eux qui l’emportait encore sur eux-mêmes par la perfection totale de son corps.

Le vainqueur superbe était conduit devant le