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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/135

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PARTENZA…

corps : baiser tiède sans les lèvres tremblantes, étreinte chaude sans le doux enlacement des bras…

Après des couloirs blancs et vieillots dont les plafonds descendent très bas sur les dalles rouges, où flottent des parfums discrets, odeurs de surplis tuyautés fleurant l’iris, odeurs d’encens, odeurs de choses vierges, c’est la demi-obscurité d’une salle très blanche aussi, striée de raies de lumières qui filtrent entre les lamelles des volets clos et se répandent sur les murs. Soudain, par les portes hautes, ouvertes sur une terrasse étroite, s’engouffrent des vagues de clartés, et toute Naples s’étend, baignée de grand jour, au fond d’un abîme de limpidités, incendiée sous les feux de plusieurs soleils. Sa rumeur monte jusqu’à nous en plaintes languissantes et monotones, — la douce Parthénope pleure toujours Ulysse, — comme un chant de grillons dans la profondeur des midis éclatants. Le Zaïmph sacré jette, de l’horizon étincelant, les joailleries de son azur diamanté. Le ciel dilue dans l’or pâle le ruissellement de ses infinis bleutés ; et sous les réverbérations de la mer il tressaille, étonné des splendeurs qu’il recouvre…


Par des routes descendantes, face au rivage, ce sont de vieux quartiers paisibles aux ruelles sombres que l’on nomme sotto portico, parce qu’elles sont barrées d’arceaux, de portiques, lancés d’une muraille à l’autre ; des escaliers de théâtre, des Madones charmantes, roses et bleues dans de petites chapelles roses ; des arbres délicats aux feuillages menus et curieux