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partout en Orient. Vous jetez votre cigarette à la porte, mais la maîtresse du logis vous en offre une autre en vous disant bonjour. Germaine, soit qu’elle eût plus d’indulgence pour le seul défaut de son mari, soit qu’elle prît pitié de ces pauvres Grecs qui sans tabac ne sauraient vivre, décréta un beau jour que la cigarette serait permise dans toute l’étendue de son empire. Don Diego lui rappela en souriant ses anciennes répugnances. Elle rougit un peu, et répliqua vivement : « J’ai lu dans Monte-Cristo que le tabac turc était un parfum, et je sais qu’on n’en fume pas d’autre ici, en vue des rivages de la Turquie. Il ne s’agit plus de vos affreux cigares, dont la vue seule me fait mal. »

Bientôt on vit apparaître dans le jardin et dans la maison les grands chibouks au fourneau rouge, au bec d’ambre ; les narghilés de cristal qui chantent en bouillonnant et qui promènent sur l’herbe verte leur long tuyau souple comme un serpent. À la fin de juillet, les affreux cigares s’échappèrent timidement de je ne sais quel réceptacle invisible, et ils trouvèrent grâce devant Germaine. On reconnut à cette marque qu’elle se portait beaucoup mieux.

C’est vers cette époque que l’élu de Mme Chermidy, Mantoux, dit Peu-de-chance, prit le parti d’empoisonner sa maîtresse.

Il y a du bon dans l’homme le plus vicieux, et je dois avouer que Mantoux avait été pendant deux