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trente à quarante élèves de quatorze à seize ans. Et l’on a vu confier de telles classes à une jeune fille de dix-sept ans ! Se représente-t-on combien elle doit être intimidée en présence de quarante petits faubouriens trop avertis et trop galants. Et combien elle doit avoir de mal à affermir son autorité. Elle y réussit cependant. « L’expérience a prouvé dit l’inspecteur d’Académie de l’Hérault que des institutrices, même très jeunes, peuvent parfaitement réussir auprès des jeunes garçons et que, sauf exception, la discipline ne souffre pas de leur présence dans les établissements où au début on avait été quelque peu surpris de les voir.

D’autres rapports d’inspecteurs (Seine-et-Marne, Finistère, etc.), cités récemment par la Revue pédagogique louent l’intelligence, la douceur ferme, l’esprit d’initiative de ces toutes jeunes filles et admirent les heureux résultats de leur enseignement. Pour les élèves, un instant déroutés, ils savent parfois rendre hommage à la « poigne » de leurs maîtresses.

L’enseignement secondaire a fait appel aux femmes dans une bien moindre proportion. Il exige surtout des spécialistes : les spécialistes féminins sont rares et d’ailleurs occupés déjà dans les lycées de jeunes filles. Six cents femmes cependant, a dit M. Painlevé dans un interview récent, sont occupées dans les lycées et collèges. Elles enseignent surtout le Français et les langues vivantes, parfois l’histoire et la géographie ou même la philosophie [1]. Elles aussi ont une tâche pénible, elles

  1. Au collège de Gray.