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sivement à signer sans les comprendre les pièces que Mlle L… lui présente ». Quoiqu’il en soit, les conseillers municipaux, rendant hommage à l’intelligence de la jeune fille, lui laissent résoudre les questions les plus délicates et ne prennent aucune décision sans la consulter. Règlement des questions municipales, séances des assemblées, formation de comités, correspondance avec les autorités du département, réquisitions, allocations, telles sont les occupations multiples que Mlle L… exerce avec zèle « sans négliger, dit-elle, aucune des occasions qui lui sont offertes de prendre part à l’administration du pays, si insignifiantes qu’elles puissent paraître au premier abord ».

Administration, conseillers municipaux, inspecteurs d’académie, autorités départementales, les uns comme les autres tiennent à leur « mairesse » improvisée. En octobre 1914, le comité de la Croix Rouge de Pau réclame les services de son infirmière. Mlle L… se prépare à partir comme un soldat mobilisé. L’inspecteur d’Académie intervient et, au nom du préfet et du sous-préfet, prie Mlle L… de rester dans la commune « où sa présence est indispensable ».

Plus tard, ne trouvant pas dans le Conseil municipal les collaborateurs actifs et intelligents qu’elle désire, elle songe à démissionner. Le conseil refuse ; elle veut passer outre. Alors le sous-préfet intervient. La lettre qu’il lui adresse alors vaut d’être citée :

« En droit personne ne peut vous empêcher de donner votre démission de secrétaire de mairie. Mais en fait, permettez-moi de faire appel à tout votre dévouement