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il en a été de même pour la direction et l’organisation de ces travaux, pour le maintien de la vie politique, administrative, intellectuelle. L’histoire de la vie des villes et des villages de France pendant la guerre est encore à faire, les documents nous manquent. Mais les historiens qui se donneront pour tâche d’étudier dans telle région l’esprit public pendant la guerre de 1914, comme on étudie l’esprit public pendant la Révolution, devront reconnaître quelle large place les femmes ont prise alors.

Nous ne pouvons encore tracer le tableau : quelques touches isolées seulement, au hasard des renseignements recueillis pour certains coins de France, montrent que spontanément les hommes sur le point de partir firent confiance aux femmes. « Dès le premier jour de la mobilisation, écrit une féministe des Côtes-du-Nord, le maire qui partait convoqua les femmes avec les hommes à une réunion publique à la mairie, pour parer à la misère qui allait survenir par suite de l’absence des pères de famille ». C’est à cette réunion qu’on décide l’installation de garderies d’enfants et de cuisines populaires. Les comités d’organisation de ces œuvres furent en majorité féminines. Féministes, religieuses, institutrices s’unissent alors dans une pensée commune. Elles organisent ouvroirs, ambulances, installent les réfugiés, administrent le village comme l’auraient fait les hommes, mieux peut-être.

À Lyon, dès les premières heures de la guerre, pour les repas populaires, allocations, ouvroirs, visites aux familles des disparus, les femmes pourvoient au nom-