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machines de précision et l’expérience des travaux multiples nécessités par la direction, la surveillance et l’organisation d’une imprimerie, des « éditeures » (comme auraient dit les féministes de la première heure) à qui ne manquent ni le bon goût littéraire, ni le sens des affaires, ni la finesse inhérents au métier, des entrepreneuses de construction, de plomberie, qui ont su « remplacer leurs maris du jour au lendemain ».

Il s’est même trouvé — le cas est unique, que je sache — un architecte qui prévoyant son départ prochain, choisit une collaboratrice « dont il avait apprécié les qualités de méthode et de travail » et lui proposa de le remplacer dans la gérance d’immeubles. « Lorsqu’elle partit, elle essaya, timidement d’abord, puis avec l’expérience peu à peu acquise de tous les détails de cette charge particulièrement lourde, elle réussit dans cette nouvelle profession, à laquelle pourtant rien ne l’avait préparée… »

Et, prenant texte de cet exemple les féministes, de déclarer que la profession de gérante d’immeubles est une de celles qui convient le mieux à la femme.

Ne saurait-elle pas tenir les comptes de l’immeuble, comme ceux du foyer ? Ne déploiera-t-elle pas dans la bonne administration de l’immeuble ses qualités d’excellente ménagère, soucieuse de l’ensemble, comme du petit détail, et surtout sa finesse et sa psychologie ne lui seront-elles pas infiniment précieuses !

Même spectacle dans les grandes administrations publiques ou privées. C’est par milliers ici que se comptent les remplaçantes. Mais notons en passant que dans