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et sous le bonnet de police crânement planté les petites métropolitaines resteront une séduisante vision parisienne.

Prenons les trams, seuls véhicules de plein air qui soient restés depuis la disparition des autobus. Là aussi des femmes, presque toujours jeunes, nous accueillent. Elles aussi remplacent leurs maris mobilisés, elles aussi arborent sur des cheveux fous, le sémillant calot. Pour elles aussi le travail est dur, bien plus dur même que pour leurs collègues du Métro. Toujours debout, alors que leurs camarades sont assises, elles font une longue journée de travail, journée de onze heures, coupée par un court repos.

Elles sont payées du même prix que leurs maris, 5 francs par jour ; mais, — ne faut-il pas qu’un peu d’inégalité subsiste ? — les journées de repos ne leur sont pas payées, tandis qu’elles l’étaient à leurs maris. Comme la capitale, les principales villes de province ont confié à des femmes leurs tramways. On a même vu en certaines villes des watwomen.

Elles se sont très vite habituées au métier et se débrouillent merveilleusement ; même ce n’est pas sans une certaine jalousie que leurs maris permissionnaires assistent au consciencieux travail de leurs épouses. Mais celles-ci ne songent pas à usurper leur place et nulle concurrence féminine n’est à craindre ici pour après la guerre. Encore une fois, le travail est dur et les employées du Métro comme celles des trams le supportent courageusement avec cette seule pensée qu’elles sont mobilisées comme leurs époux, qu’elles seront libé-