Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/60

Cette page n’a pas encore été corrigée


Champagne, aux environs de Coulommiers, par exemple, les femmes ont immédiatement remplacé les hommes dans les sucreries, sans protester contre l’attribution de salaires inférieurs.

Un commerçant de Paris possédait dans la Drôme, le Gard et l’Ardèche, d’importants établissements textiles. Mobilisé comme tout son personnel, il demanda à 1 500 femmes, épouses de ses ouvriers ou employés, de les remplacer, tant pour la main-d’œuvre que pour la direction. Les femmes acceptèrent d’enthousiasme et, de témoignage même de l’intéressé, le rendement fut parfait à tous points de vue.

Aussi, paysannes et villageoises ont fait partout du féminisme sans le savoir ; paysans et villageois l’ont accepté sans nulle jalousie mais, au contraire, avec reconnaissance, comme permettant la sauvegarde de leurs intérêts essentiels et s’imposant, d’ailleurs, avec une évidence telle que toute discussion, toute hésitation même était superflue.