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tout les travaux agricoles s’étaient effectués comme en temps normal. Une fermière de Saône-et-Loire restée seule avec trois jeunes enfants, a, m’écrit un témoin oculaire, assumé seule la responsabilité de tous les gros travaux « moisson, battage, arrachage des pommes de terre, récolte des légumes, soins aux animaux, traite des vaches et des chèvres, soin du laitage, vente des produits. » Est-ce que vous croyez, ajoute ma correspondante que cette vie n’est pas au moins aussi rude — sinon dangereuse — que celle du soldat dans les tranchées et de l’infirmière à l’hôpital ?

Dans la même région, les femmes ont fait une fois, deux fois la vendange. « La Vie Féminine les a vues à l’œuvre à la taille, en culottes, au dur travail du sulfatage, plus tard à la vendange, au pressoir, même tonnelières, ce qui est exceptionnel. »

Le territoire de Belfort se trouvait dans une situation spéciale par suite de la réquisition de tous les hommes valides de 16 à 60 ans et de tous les attelages par les travaux du camp retranché.

Cependant, dit un rapport du Ministère de l’Agriculture, trois mille hectares ont pu être ensemencés en blé. Cette superficie n’est inférieure à celle de l’an dernier que de 300 hectares ; mais il était matériellement impossible d’ensemencer une partie des champs situés dans les villages frontières.

Jusque dans les régions voisines du front où le grondement de l’artillerie résonne sans cesse, où, non loin, les projectiles éclatent, où les tauben passent, les champs ont été ensemencés et la moisson faite par