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La vénération profonde des femmes pour nos soldats, la grave piété qui, masquée souvent de frivolité ou d’indifférence vit ardente en leur cœur, se manifestent par mille traits touchants. Voyez, dans les trains ou le métro de quelle vénération reconnaissante elles entourent nos blessés. Voyez les employées aider celui-ci à descendre, cet autre à s’installer confortablement ; considérez cette femme — souvent âgée — qui, les hommes immobiles, hélas ! offrira sa place. Admirez cette petite employée qui paye de son argent la place d’un blessé, la vendeuse de journaux qui donne ses feuilles ; la commerçante qui donne généreusement ses victuailles aux permissionnaires pauvres ; la bouquetière qui fleurit gracieusement le convoi funèbre d’un anonyme pour qu’il s’en aille sous quelques fleurs.

Et cette mère qui, son fils disparu aux premières heures de la guerre, réclame cependant l’honneur de loger un jeune soldat à qui elle donne la chambre du cher mort, la femme aimante qui encadre d’un ruban tricolore voilé de crêpe le portrait de l’ami perdu. Ne sont-elles pas jolies et touchantes celles-là ! Observons autour de nous, et sans peine nous verrons des attitudes semblables.

L’intérêt que les femmes portent à nos soldat, n’est donc pas une tendresse de commande, une affection platonique, contente de belles phrases creuses, d’exclamations admiratives, de soupirs. C’est une sympathie active, efficace et dont profitent tous nos soldats.

La charmante institution des marraines l’a démontré. Depuis qu’un journaliste a appelé l’attention sur le sort