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que celles-là. Pour les indépendantes même, comptons sur la toute puissance de la nature et sur l’éternelle jeunesse de l’amour. Soyons persuadés que toute femme saura se dépouiller sans regret de l’âme masculine que, sous l’empire de circonstances tragiques et par un miracle d’énergie, elle a su quelques jours s’insuffler. Les remplaçantes, les héroïnes ne seront pas les moins bonnes épouses et souvenons-nous du mot d’une combattante : « Je désire maintenant une seule chose, rebâtir le foyer familial ».

Les femmes d’ailleurs ne forgeront pas seules leur destinée. Nul changement en celle-ci sans la consécration du pays légal masculin. Or les hommes aussi sont loin d’être unanimes : et, si les uns veulent, pour une illusoire sauvegarde de la famille, refermer sur la femme de nouveaux gynécées, d’autres songent à lui ouvrir toutes grandes les portes du monde. Restriction des droits féminins ? Égalité complète ? À laquelle des deux conceptions appartiendra l’immédiat avenir ? À l’avenir seul de répondre. Soyons persuadés cependant qu’on ne saurait revenir sur les faits accomplis et que le peuple des tranchées aura au cœur avec l’amour plus vif de la femme dont il fut longtemps privé, l’estime profonde pour celle qui entretint la flamme du foyer et défendit seule les intérêts familiaux.

Le mari d’après-guerre, sans doute, voudra jurer à sa compagne « protection, aide et amour ». Sans doute il verra volontiers en elle non plus une subordonnée, mais vraiment la collaboratrice. Les mœurs d’abord, puis les lois, donneront à l’épouse, à