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CHAPITRE I


L’âme des femmes pendant la guerre


À ceux de l’avant de combattre, à ceux de l’arrière de tenir. Mais, pour que l’armée se batte bien, pour que les civils tiennent sans découragement, ni faiblesse, tiennent dans le beau sens du mot, il est nécessaire que soient maintenus toujours au même niveau l’héroïsme des uns, la patience des autres. La tâche est difficile dans une guerre de deux ans ; l’intelligence et le grand cœur des mères, des épouses françaises y suffiront cependant.

Legouvé a pu dire que le degré de civilisation d’un peuple se mesurait à la place qu’y font aux femmes les mœurs et les lois. On pourrait avancer également que la résistance d’un peuple dans une guerre étrangère est fonction de la résistance morale qu’opposent les femmes à l’envahisseur. Les Allemandes, esclaves de la force et du prestige militaire n’ont que sourires, — et mieux encore — pour les vainqueurs d’Iéna. Mais les soldats de Dupont, de Soult, de Masséna reçoivent en Espagne un tout autre accueil.

L’épopée religieuse et patriotique de Jeanne d’Arc,