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parer une jeune fille de la plus éclatante des gloires ?

Deux aviatrices ont pris part à toute la campagne. Mme Kourpief est partie depuis le début de la guerre. Elle a fait toute la campagne de Prusse et celle de Pologne. Lors des batailles d’Ossoviecz, elle exécute une remarquable reconnaissance aérienne au-dessus des positions ennemies. Les renseignements qu’elle rapporta permirent de réduire au silence une batterie allemande. Citée à Tordre du jour de l’armée, décorée de l’ordre de Saint Georges, Mme Kourpief est toujours « observateur » dans une escadrille de nos alliés.

Plus célèbre encore est la princesse Shakowskaïa dont les journaux russes reproduisent parfois le portrait. Au contraire de ce qu’on pourrait attendre, rien de masculin dans l’allure : une très jeune femme, jolie, gracieuse, s’appuyant d’un geste élégant sur son appareil, telle on nous représente la populaire aviatrice. Elle combat avec l’armée du Nord-Ouest depuis août 1914 et ses raids sont innombrables. Au cours de l’un d’eux son appareil fut criblé d’éclats d’obus, elle-même blessée. À peine remise elle repartit avec une nouvelle ardeur.

Tels sont les actes héroïques sur lesquels nous renseignent les notes des correspondants de guerre ou les journaux de nos alliés. Soyons persuadés de n’avoir ici qu’un pâle tableau de l’héroïsme des femmes russes. Mystérieuse encore par l’éloignement et l’immensité, la Russie ne nous livre pas tous ses secrets. Presque normal chez elle, l’héroïsme féminin ne suscite pas comme chez nous l’étonnement, ne vaut pas, par conséquent, la célébrité individuelle. « Nulle femme russe ne