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En résumé, « dans presque tous nos régiments, dit une infirmière russe il y a des femmes et des enfants. On compte par centaines les jeunes filles entre dix-sept et vingt ans, qui ont obtenu de combattre. Naturellement, on commence par les repousser, mais elles s’obstinent, elles se glissent jusque sur le champ de bataille, elles s’emparent d’un fusil et elles tirent. Finalement, devant leur vaillance et leur persévérance, on finit par les garder. Il y en a qui ont mené des troupes à l’assaut, quelques-unes sont devenues caporaux ou ont même conquis le grade de feldwebel. Nos soldats les traitent fraternellement et avec un respect absolu [1] ».

Pour le personnel sanitaire, la mobilisation féminine a revêtu un caractère quasi officiel. Les étudiantes en médecine de 3e et de 4e année ont aussi été envoyées par le gouvernement dans toutes les formations de la Croix-Rouge. Notons en passant que les sœurs de charité russes n’appartiennent à aucun ordre religieux et ne sont assujetties à aucune discipline quelle qu’elle soit.

Toute femme a le droit de s’engager en prêtant ce beau serment :

Je pars de grand cœur. Que Dieu m’accompagne. Je jure de donner sans réserve mon assistance à mes frères. Je ne redouterai aucun péril : ni la contagion, ni les blessures, ni le bombardement, ni les privations, ni la mort. Je jure de panser avec sollicitude les plaies du corps et d’ouvrir à la lumière du ciel l’âme des mourants.

À partir du moment où, au milieu d’une imposante cérémonie religieuse, elles ont fait devant Dieu cette

  1. Souvenirs d’une infirmière en Galicie.