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document anglais, notre bulletin de l’Office du Travail. 300 000, dit une information venue de Londres à un journal féministe. D’après des évaluations faites au Ministère des munitions français il semble qu’actuellement, 1 million ou 1 200 000 femmes travaillent dans les usines de guerre anglaises.

Les conditions dans lesquelles elles travaillent sont de tous points semblables à celles dans lesquelles travaillent leurs camarades françaises. Comme en France ce furent des femmes étrangères aux travaux métallurgiques qui se présentèrent ; « la plupart, dit un journal, n’avaient jamais manié d’outil ». Et, comme en France, l’apprentissage fut rapide : « la plupart, dit l’Ingénieur, pouvaient, après deux jours seulement, livrer de bon ouvrage, de calibre absolument exact. Dans certains cas où le travail était plus difficile, il a fallu une semaine, et, pour les plus délicates, il n’a jamais fallu plus de dix jours pour arriver à acquérir toute l’habileté nécessaire ». Naturellement, en Angleterre comme en France, les travaux nécessitant une instruction technique sont restés réservés au personnel masculin.

Comme en France également, on a reconnu que des surveillantes rempliraient un rôle très utile pour la discipline et la moralité générales. Beaucoup d’usines les ont adoptées. Mieux, un Comité s’est formé chargé des questions techniques, de la nourriture et du logement. Deux femmes en font partie. Grâce à elles on a pu assurer dans les usines une bonne hygiène, une limitation des heures et des journées de travail et, par ces réformes heureuses, assurer un rendement meilleur.