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est d’imiter dans le soin patient et pieux de la terre, les femmes de France dont elles ont admiré le splendide et fécond effort.

S’il a fallu, pour les ramener à la terre, prodiguer aux femmes les exhortations et les exemples, d’elles-mêmes au contraire elles se sont jetées vers les travaux de guerre qui leur semblaient d’une plus immédiate nécessité. Dès la formation du Ministère des munitions, M. Lloyd George a vu s’offrir à lui ce travail féminin dont il est aujourd’hui, comme M. Albert Thomas, un si passionné partisan. Le 17 juillet 1915 une députation de femmes appartenant aux groupements les plus opposés, se présente devant le ministre qui la reçoit fort bien, la félicite de son zèle patriotique et l’informe qu’il est disposé à employer des femmes dans l’industrie de guerre et à leur assurer des salaires équivalents à ceux des hommes.

Encouragées, les femmes se précipitent en masse aux usines. Ici encore la haute société donne l’exemple et offrent des volontaires. Volontaire Mrs Moïr, femme du directeur du Service des Inventions, volontaire lady Catacre, volontaire lady Scott, veuve du héros de l’Antarctique. À leur suite viennent des femmes de toute classe, de toute profession et les grands établissements se remplissent d’un peuple féminin, sans cesse plus nombreux.

En 1916, la fabrication des armes et munitions a, en Angleterre comme en France, occupé un très grand nombre de femmes. Des chiffres précis sont d’ailleurs difficiles à donner : près de 3 millions, dit d’après un