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« Les ambulancières ont le grade, l’autorité, les insignes et la solde des lieutenants ou des capitaines ». Elles vivent au camp (installé sur le champ de courses de Saint-Cloud) « sous des tentes confortables dressées autour d’une construction de bois qui sert de salle de récréation. Chaque tente sert de chambre pour deux personnes, et porte un nom gracieux : « Fleurette », « Fumée », « Bon accueil ». Don vraiment royal de nos frères d’outremer, l’hôpital canadien peut contenir 1 600 lits ; les héros de Verdun les ont remplis et ce fut un grand charme que de voir, au murmure discret du langage de la vieille France, fraterniser les soldats de Pétain avec les descendants des soldats de Wolfe et de Montcalm, unis dans l’amitié de leur patrie comme dans une belle mort.

Les infirmières ainsi formées ont montré partout où gronde la bataille, un extraordinaire courage. À Bruxelles plusieurs équipes arrivent du 12 au 20 août et se maintiennent pendant la bataille et l’occupation allemande. À Furnes, l’équipe arrivée en octobre subit sans broncher le bombardement. À Anvers, les infirmières anglaises restent jusqu’à la chute de la ville et parviennent à gagner la Hollande avec les derniers évacués. Plus de deux mille femmes, note un journal anglais, se sont dévouées pour la cause de la Belgique. S’astreignant à des courses constantes entre les hôpitaux et les champs de batailles, elles ont mené la vie la plus pénible sans faiblir, « beaucoup d’entre elles ont travaillé nuit et jour : celles-ci ont, surmontant leurs nerfs, continué à panser les blessés pendant le bombardement de leurs hôpitaux,