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partir pour le front. Elles s’embarquent en même temps que les premiers régiments.

Dès le premier mois de guerre, plusieurs hôpitaux fonctionnent, entièrement organisés par des femmes, auprès des bases d’opération du corps anglais : à Paris, à Wimereux, à Anvers, à Montataire. C’est sous les auspices du Service d’hôpital féminin dirigé par la doctoresse Murray.

Les femmes écossaises dont l’action en toute cette guerre a été d’une remarquable amplitude installent en septembre 1914 à Royaumont (Somme) un hôpital des mieux conditionnés. Dans la vieille abbaye déserte dont le cloitre gothique remonte à Blanche de Castille on a pu disposer de vastes espaces et établir une organisation vraiment moderne. Son personnel : médecins, chirurgiens, infirmières est entièrement féminin. La doctoresse Ivens est médecin chef, et la sœur du maréchal French elle-même, Mrs. Harley, remplit les fonctions de gestionnaire.

Le général Joffre lui donne la consécration officielle en le reconnaissant, au nom du gouvernement, comme Hôpital Auxiliaire 301. Le succès de l’œuvre engage nos Écossaises à la développer ; après l’abbaye de Royaumont, c’est le château de Chanteloup, près Troyes, qui reçoit leur visite. Le nouvel hôpital où exercent trois doctoresses, dont une éminente bactériologiste, est inauguré par le général Commandant la 20e Région. Celui-ci, d’abord un peu sceptique sur la capacité des femmes docteurs, s’est, à sa deuxième visite, confondu en éloges. Assez près de la ligne de feu pour recevoir directement