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non, celles-ci ont habitué la femme à jouer un rôle et à s’affirmer indépendante.

Comment ne pas remarquer le rôle capital joué directement ou indirectement par les groupements féministes ? Ceux-ci sont bien autrement importants que les groupements similaires de France.

La National Union of Women’s suffrage Societies (suffragistes) et la Women’s social and Political Union (suffragettes) sont de riches et puissants organismes soutenus par l’influence des femmes de tous les mondes et la foi mystique de leurs nombreuses adhérentes. N’évaluait-on pas à six cent mille, avant la guerre, le chiffre des féministes anglaises, membres actives des ligues ou sociétés ? Par une réaction naturelle, les femmes adversaires du suffrage avaient, elles aussi, fondé des associations (associations antisuffragistes) et tandis qu’en France, l’élite seule se groupe pour défendre ses intérêts de classe, de sexe, de profession, en Angleterre, les masses féminines sont déjà atteintes, pénétrées du nouvel esprit. Ses manifestations sont éclatantes, tapageuses, non assourdies et ouatées comme en France par l’atmosphère discrète du salon ou de la salle de conférence ; la tribune s’en empare, les échos de Westminster en résonnent et parfois la rue a retenti sous les pas des miliciennes de l’émancipation. Londres a vu, vivant symbole, flotter sur un cortège d’amazones la bannière verte et violette appelant naguère les femmes à la révolte, aujourd’hui les peuples, a la liberté. Plus répandu, plus populaire qu’en France le féminisme a, depuis de longues années, donné aux femmes anglaises la soif de l’in-