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semblaient se ressaisir et nous étions dans une zone sillonnée de mitraille.

— Mademoiselle, me dit-il, je ne veux pas que vous alliez plus loin…

En fait, poursuivre ou retourner, c’était s’exposer aux mêmes risques.

Dans quelques caves, la résistance allemande était désespérée.

Le travail d’organisation de ces petites forteresses avait été poussé plus loin qu’on ne pouvait l’imaginer.

On y trouva non seulement des mitrailleuses, mais même des canons.

Aussi, chaque assaut était-il meurtrier pour les Écossais, et ce n’était qu’au prix de lourdes pertes subies par eux-mêmes qu’ils anéantissaient ces repaires.

On se battait donc partout, et c’était, maintenant, la guerre des rues ».


Cette guerre de rues dure plusieurs jours et abonde pour notre héroïne en épisodes dramatiques. Un jour qu’accompagnant un blessé elle traverse la rue du Cimetière, des coups de feu retentissent.


Je m’abritai derrière des décombres, et je distinguai parfaitement trois Allemands qui, alors, s’engouffrèrent dans une cave, celle de la maison à laquelle nous donnions le nom de son propriétaire, parti de Loos en octobre, la maison de Joseph, le marchand de vaches. On sait que, dans nos petits pays, on se désigne plus volontiers par des sobriquets que par les noms de famille.

Ils disparurent, mais mon blessé était à leur merci, et, sans doute, par leur soupirail, ils tireraient sur lui ou sur ceux qui viendraient à son secours.

Pour le sauver, et pour préserver d’autres existences, il importait de se débarrasser des Allemands.

Je rentrai dans le magasin, et je dis aux docteurs :