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Il sourit, mais, bien qu’il parlât parfaitement notre langue, il répondit seulement :

— C’est bien… c’est bien… Plus tard.

Le moment n’était pas, en effet, à des paroles qu’il estimait superflues.

L’action continuait.

L’intensité de la fusillade indiquait qu’on était loin d’en avoir fini.

Il tira de sa poche une carte et, entrant dans ce que j’appelle toujours le magasin, bien qu’il n’y eût plus rien, il la déplia sur ce qui restait du comptoir.

Je lui donnai quelques explications, mais je songeai soudain :

— Il vaut mieux que je vous indique le chemin moi-même.

— Mais, mademoiselle, fit-il, je ne veux pas vous exposer à plus de dangers que vous n’en courez…

— Oh ! répliquai-je, heureuse de pouvoir être utile, il y a un an que je suis habituée aux obus et aux balles » [1].

Dès lors Emilienne Moreau coopère au « Nettoyage » du village. C’est alors surtout qu’elle se montre guerrière, alors surtout qu’elle court les plus grands dangers.

« Je signalai à l’officier les caves où je savais que des Allemands se trouvaient encore et d’où ils pouvaient tirer sur ses soldats.

Il donna l’ordre d’en faire le nettoyage, et des séries d’explosions de grenades indiquèrent que cette opération était vivement menée.

Nous nous étions engagés dans la rue d’Hulluch.

Ce qu’il fallait désigner, c’était la kommandantur souterraine, dont on entreprit le siège.

L’officier, si occupé qu’il fût des ordres à donner à ses hommes, s’inquiétait de moi.

Les Allemands, malgré le terrain qu’ils avaient perdu,

  1. Émilienne Moreau. Mes Mémoires.