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Pendant la bataille de l’Aisne, s’est signalée, entre toutes, Mlle Canton-Baccara. Celle-ci fut chargée, le 24 août, de diriger l’ambulance de Vauxbuin (Aisne). Dès le lendemain, elle est à son poste. La première semaine est consacrée à l’organisation, aménagement de l’hôpital, cours de pansement et d’hygiène. Mlle Canton-Bacara assistée dans sa tâche par Mlles Jeanne et Geneviève de Maistre, met l’hôpital en état de recevoir de nombreux blessés. Le 28 et le 29 août, Vauxbuin ravitaille des Belges et des réfugiés du Nord et des Ardennes. Le 30, la fusillade se rapproche et arrivent les premiers blessés. Les Allemands sont en vue. Pendant quarante-huit heures, Mlle Canton-Bacara et Mlles de Maistre sans s’accorder une heure de repos veillent a l’évacuation des blessés français. Le lendemain 1er septembre, les vivres manquent. Mlle Canton-Bacara part pour en réquisitionner à Soissons. « Elle y arrive sous un feu violent… des pans de murs s’effondrent, des balles sifflent, partout des blessés qui gisent, gémissant, appelant du secours. L’infirmière ne voit qu’eux et leur souffrance, oublie les vivres et court de rue en rue, poussant celui-ci, réconfortant cet autre, transportant celui-là à l’hôpital. Lorsqu’elle repart, elle se heurte aux avant-gardes allemandes. C’est en leur compagnie qu’elle retournera à Vauxbuin. Écoutons d’un collaborateur du Figaro qui l’a recueilli de sa bouche même le récit pittoresque de son odyssée.

En route, elle se heurte à une patrouille de uhlans. Le sous-officier fait un signe. Deux hommes se précipitent vers