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Elle réussit à hospitaliser mille blessés, leur assure « la subsistance et les soins les plus dévoués » [1].

La sollicitude de sœur Julie ne s’étend pas seulement aux blessés, mais à tous les soldats. Aidée d’un personnel dévoué, elle a su organiser tout un service de ravitaillement et assurer aux troupes de passage les vivres nécessaires.

Plusieurs semaines encore, dans la petite ville vivifiée par sa seule présence, sœur Julie fait fonction de maire.

Tous ces actes d’énergie et de courage elle les a accomplis très simplement, comme une chose toute naturelle. C’est avec un peu d’étonnement qu’elle apprend la nouvelle de sa citation à l’ordre de la deuxième armée, — honneur que partagent ses cinq collaboratrices, Mmes Collet, Remy, Maillard, Rickler et Gardéne —, qu’elle reçoit après les félicitations de M. Mirman, celles de M. Poincaré, qu’elle se voit attacher sur la poitrine la croix de la Légion d’Honneur. Et sans doute, aujourd’hui encore, se répète-t-elle : « Qu’ai-je donc fait pour qu’on s’occupe tant de moi ?… »

C’est à Soissons que, pendant la retraite de Charleroi et la bataille de la Marne, gouverna celle qui, aux yeux du monde surpris, a d’abord symbolisé l’énergie merveilleuse des femmes françaises, Mme Mâcherez.

Veuve d’un sénateur de l’Aisne, Mme Mâcherez s’était fixée depuis longtemps à Soissons où elle s’occupait

  1. Citation à l’Ordre du jour de l’armée.