Page:Abensour - Les vaillantes, 1917.djvu/195

Cette page n’a pas encore été corrigée


la couverture à terre pour voir les pansements. Il avait un revolver dans une main et un poignard dans l’autre. Je le suivais, je le précédais, ah ! j’étais effrontée, j’en suis encore étonnée. Comment ai-je osé ? »

Grâce au dévouement de sœur Julie, à sa généreuse activité, les chefs allemands épargnent les blessés français. Et, comme sœur Gabrielle à Clermont-en-Argonne, sœur Julie les en récompense chrétiennement en soignant leurs propres blessés. Ceux-ci arrivent journellement et par groupes de plus en plus nombreux car, du 28 août au 13 septembre, il n’est guère de jours où l’on ne se batte dans cette région que les Français reconquièrent. C’est dans les troupes allemandes, le désarroi, l’affolement. Les hommes valides, et leurs chefs s’enfuient. Les majors font de même, sans se soucier de leurs blessés. Mais sœur Julie est là, qui soigne Allemands et Français avec un égal dévouement.

Entre temps elle pense à son Église. Le curé a été emmené comme otage. À elle de sauver ce qui peut l’être encore. « Le 29 août, déclare-t-elle, je suis allée constater l’état intérieur de l’Église. Pour fracturer le tabernacle dont la porte est en acier comme celle d’un coffre-fort, les ennemis avaient tiré plusieurs coups de fusil autour de la serrure. La porte a été traversée par plusieurs balles et le ciboire a été perforé ». Sœur Julie a emporté le ciboire sauvant ainsi de la profanation les hosties consacrées.

À partir du début de septembre, et les Français rentrés, sœur Julie devient le véritable maire de Gerbeviller.